Euro, dollar : comprendre le risque de change quand on possède une action
Votre action n'a pas bougé, mais sa valeur en euros, si. La faute au taux de change. Voici comment fonctionne ce mécanisme discret, expliqué simplement.

Vous ouvrez votre application et vous constatez une petite surprise : le cours de votre action Apple est stable depuis un mois, mais sa valeur en euros a baissé. Rien d'anormal. Une action américaine comme Apple, Microsoft ou Nvidia est cotée en dollars. Pour l'afficher en euros, il faut la convertir, et ce taux de conversion change tous les jours. C'est ce qu'on appelle le risque de change : la valeur de votre placement dépend aussi de la relation entre deux monnaies.
Le taux de change, c'est simplement le prix d'une monnaie exprimé dans une autre. Quand on lit « 1 € = 1,10 $ », cela veut dire qu'un euro permet d'acheter 1,10 dollar. Si l'euro se renforce, il faut plus de dollars pour obtenir un euro, et vos actifs en dollars valent donc moins une fois convertis. Si l'euro s'affaiblit, c'est l'inverse : vos actifs en dollars valent davantage en euros. Le mouvement joue donc dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse.
Exemple chiffré : imaginons que vous placiez 100 € dans une action américaine alors que 1 € vaut 1,10 $. Vous détenez l'équivalent de 110 $. Un an plus tard, le cours de l'action n'a pas bougé, toujours 110 $, mais l'euro est passé à 1,20 $. Converti, votre placement vaut 110 ÷ 1,20, soit environ 91,67 €, une baisse d'environ 8 % sans que l'entreprise y soit pour rien. Si au contraire l'euro était descendu à 1,00 $, vos 110 $ vaudraient 110 €, soit un gain de 10 % dû uniquement à la monnaie. Ces chiffres sont purement illustratifs.
Le phénomène ne concerne pas que les actions américaines achetées en direct. Un ETF (un panier d'actions qui suit un indice) comme Amundi MSCI World ou Vanguard FTSE All-World peut être affiché en euros, mais il contient une grande part d'entreprises américaines : il reste donc sensible au dollar. Même une entreprise française comme LVMH, L'Oréal ou Airbus, cotée en euros, réalise une partie importante de ses ventes à l'étranger, et ses résultats peuvent varier selon les monnaies. Le change n'est ni bon ni mauvais en soi : c'est un paramètre de plus, que l'on ne peut pas prévoir et qu'il vaut mieux connaître. Rappelons aussi qu'investir comporte un risque de perte en capital et que les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Comprendre ce mécanisme évite bien des inquiétudes inutiles devant un chiffre qui bouge. Si vous recevez ou offrez cette année une carte Krezus pour Noël, vous verrez justement des entreprises cotées en euros et en dollars côte à côte, par exemple dans un pack thématique qui en réunit plusieurs. Les titres sont conservés chez Alpaca Markets, un courtier américain régulé par la FINRA, et l'Academy Krezus, avec ses leçons courtes et son quiz du jour, ainsi qu'Hercule, l'assistant pédagogique, sont là pour répondre à ce genre de question à votre rythme.